Certes, trop de théorie pourrait nuire à l’esprit naturellement créatif d’un musicien. Toutefois, une tête bien pleine permet ensuite de s’affranchir de tous les problèmes lies a la technique pour se concentrer sur un seul et unique point : la composition musicale.
La musique assistée par ordinateur, ou « MAO » fait appel à deux notions qu’il vous faut maitriser pour aller plus loin.
Vous retrouverez donc ci-dessous de quoi comprendre les deux concepts majeurs qui servent de fondations à la MAO :
- La norme MIDI, introduite il y a maintenant plus de 20 ans, qui rassemble un protocole de synchronisation entre instruments, ainsi qu’un format de fichier universel ne contenant que des instructions informatiques. Il s’agit de la partie « écriture » ou « solfège ».
- L’audionumérique, dont l’ampleur augmente avec l’accroissement de la puissance des ordinateur et cartes son, qui gère tous les sons sous leur forme numérique. Il s’agit de la partie orientée « son ».
1/ LA NORME MIDI
Comme le disait Victor HUGO, la musique est du « bruit qui pense ». Il n’y adonc rien de plus essentiel de savoir qui joue, quelle note, à quel moment et combien de temps. Si cela se passe sans accrocs (vulgairement appelle dans le jargon musical des « pains ») pour des êtres humains sociables jouant dans un (bon) groupe ou un (bon) orchestre, il en va tout autrement pour nos ordinateurs qui n’ont, rappelons-le, que pour seul bagage, un peu d’énergie, et deux notions fondamentales : le « tout » et le « rien ».
Depuis plus de trente ans, ces ordinateurs peuvent se trouver sous la forme de synthétiseurs, boîtes à rythmes, séquenceurs et effets et autres interfaces, servant à la génération, le stockage et le traitement de sons. Il est évident donc que ces « machines » nécessitent un minimum de synchronisation, d’ordre et de rigueur pour faire partie d’un groupe et être associés à tout autre « intervenant » (instruments acoustiques, chanteurs, musiciens)
Dans les années 70, une première technique analogique fondée sur une tension électrique, une coupure de signal et une horloge, se charge des aspects qui concernent le déclenchement, la hauteur et la durée du son entre les appareils électroniques dotés de connecteurs idoines. Jusqu’au milieu des années 80, le fabricant japonais ROLAND propose d’ailleurs l’un des premiers ensemble musical, composé d’un séquenceur, d’une interface de communication et d’un système de sauvegardes sur cassettes.
Si la synchronisation des appareils d’une même marque se révélait donc tout à fait possible, il se montrait en revanche plus délicat de relier des instruments provenant d’univers différents. Partant du constat qu’ils étaient pour la plupart composés au moins d’un microprocesseur, de mémoire et de bus numériques, la mise en place d’un protocole universel constitua presque une formalité. Le premier réseau destiné à la musique devint ainsi une réalité en 1982, avec l’apparition de la norme MIDI (Musical Instrument Digital Interface), définie par un consortium de constructeurs. Fondée sur les travaux de Dave Smith sur l’U.S.I (Universal Synthesizer Interface) dont elle est une évolution, elle désigne le premier protocole numérique permettant la communication entre appareils de musique électronique. Economique à mettre en œuvre, elle présente surtout l’avantage de positionner instantanément et correctement tous les instruments connectés, à n’importe quel endroit du morceau.
Au-delà du protocole de synchronisation circulant à travers les câbles et prises MIDI IN, OUT et THRU (au rythme de 24 messages à la noire), le MIDI est universellement employé par de nombreuses applications, matériels et périphériques pour véhiculer des instructions telles que début de la note, durée, hauteur, fin de la note ainsi que des données relative à chaque instrument (N° de programme), identifié par l’un 16 canaux disponibles.
Messages MIDI
Le format MIDI ne véhicule que des instructions transmises d’un émetteur (un séquenceur, un éditeur de partition, un lecteur de fichiers .MID ou .KAR) à un récepteur (un synthétiseur, une carte son ou un logiciel). Il s’agit en d’autres termes d’une « partition électronique » qui occupe très peu d’espace sur votre ordinateur (quelques dizaines de Ko pour une musique de 4 minutes environ) et qui ne monopolise que les ressources du périphérique sollicité. C’est la raison pour laquelle vous trouverez d’ailleurs de nombreuses sauvegardes sur disquettes 3,5 pouces. Ce protocole, circulant sous une forme numérique, pourrait être également comparé à un un web « musical », qui ne fait circuler que des informations essentielles :
Qui joue ? Un périphérique sur l’un des canaux MIDI 1à 16
Avec quel instrument ? Une sonorité numérotée 0 à 127
A quel moment ? Note ON ou OFF
Combien de temps ? Pointeur de position
Ces « messages musicaux » se retrouvent très souvent sous la forme de fichiers MIDI (séquences MIDI, Midifile .MID ou .KAR), universellement reconnus par tous matériels et logiciels appropriés. Les « Midifile » vit le jour peu après la création de la norme MIDI et avait pour obectif de normaliser les séquences. Celui-ci allait rendre compatible tous les types de lecteurs de séquences qui jusque-là exploitaient des formats spécifiques (une séquence créée avec PRO24 au format SNG ne pouvait être lu directement par Cubase qui employait des fichiers .ALL).
Aujourd’hui, l’ensemble des séquenceurs récents ont la capacité de lire et de générer des fichiers au format MID (par l’intermédiaire notamment d’une fonction « export »), les normes GM, GS et XG permettant éventuellement de « contraindre » les séquences au kit « universel » de 128 instruments non modifiable, 16 voix et un canal MIDI (N°10) réservé à la batterie.
La synchronisation
Que faire et à quel moment ? Une notion fondamentale qui concerne tous les acteurs évoluant dans l’univers de la musique. Celle assistée par ordinateur est d’ailleurs régie par plusieurs types de synchronisation. Elles permettent de faire fonctionner tout un ensemble de périphériques au rythme d’un découpage du temps. Explications.
Pour qu’un bruitage s’associe à une image, qu’un synthétiseur réponde présent au moment souhaité, ou que plusieurs magnétophones démarrent en même temps au centième de seconde près, à n’importe quel endroit du morceau, le principe de la synchronisation associe un maître et un ou plusieurs esclave(s).
La plus simple à mettre en oeuvre est sans doute la synchro » FSK » (Frequency Shift Keying). La première en date qui pouvait associer le MIDI avec un magnétophone à bandes. Le principe est très simple et est encore actuellement utilisé par toutes les méthodes de transport d’informations numériques sur grandes distances (Internet, Minitel). Il s’agit de coder les valeurs binaires 0 et les 1 sous la forme de deux fréquences audio (environ 1200 et 2400 kHz).
Pour la musique, cette technique permet d’indiquer un point de départ, permettant de faire démarrer un séquenceur MIDI dès réception du signal préalablement » couché » sur l’une des pistes du magnéto. De façon pratique, il fallait réserver l’une des piste du magnéto, activer l’enregistrement sur cette piste et lancer la lecture du signal (un son est similaire à celui que fait votre modem dès la connexion) après avoir validé la » Tape Sync » à partir d’un séquenceur, boîtes à rythmes ou boîtier de synchronisation.
Une fois la durée du morceau écoulé, le magnétophone devenait un périphérique » maître « . Inconvénient majeur : dès la synchro lancée, impossible d’arrêter et de reprendre l’enregistrement en cours de route. D’autre part, le tempo devait être définie à l ‘avance (à moins de faire varier la vitesse du magnéto). Ceci pour la bonne raison qu’aucune information de temps n’était inscrit sur la bande.
Ce n’est pas le cas de la synchro SMPTE (prononcez » simpti « ), acronyme de » Society of Motion Picture and Television Engineers « . En effet, une des pistes inclus une » référence temporelle « . Une indication de temps comprenant l’heure, les minutes, les secondes et les fractions de secondes (1/30 par exemple). Une somme de renseignements inscrite en continu sur la bande, permettant à tout périphériques esclaves de trouver un repère quelque soit la position du morceau.
Enfin, la norme MIDI comprend sa propre horloge de synchronisation. Le battement du métronome originel est ici un découpage de la noire en 24 impulsions. Mais le MIDI comprend également bien d’autres messages permettant aussi de déclencher une action (lecture, pause, enregistrement, initialisation…) à partir d’un appareil » maître » vers un appareil » esclave « .
La référence temporelle est gérée par les » SPP » ou » Song Position Pointers « . Un code permettant de comptabiliser et de numéroter des » paquets » de six impulsions d’horloge MIDI (souvenez vous, celles à 24 impulsions à la noire) et ceci quel que soit le tempo adopté. Il y a donc quatre codes SPP envoyés par valeur de note noire, ce qui est équivalent à une résolution du SPP à la double-croche. Le » Song Position Pointers » est par conséquent (et plus simplement !) un moyen de calculer en double croche, le temps écoulé depuis le début du morceau. En résumé, une information essentielle pour tous le réseau musical MIDI qui compose un studio.
Et puisque le SMPTE et le MIDI possèdent tous deux une référence temporelle, aucun problème pour relier deux appareils avec ces deux différentes normes pour causer musique (en mesure !). C’est le cas de la post-production où cohabitent synthétiseurs, ordinateurs et lecteur / enregistreur vidéo. Récemment l’Adat est en passe de tirer son épingle du jeu.L’utilisation courante des magnétophones multipistes à technologie numérique ADAT dans les milieux professionnels (Alesis, Akaï, Fostex, Emu, Otari, Tascam…) a en effet largement favoriser l’émergence d’autres périphériques (cartes et interfaces), permettant une relation directe avec les ordinateurs (et logiciels), échantilloneurs, effets… Un rêve devenu réalité : tout un environnement musical mené avec précision à la baguette, avec la qualité et les avantages du numérique.
Un fichier MIDI ? Et après …. ?
La séquence MIDI est téléchargée et/ou disponible sur votre ordinateur à partir d’une source reconnue, telle que www.midifile.fr ou midi-sequences.com
Il s’agit d’un fichier avec une extension .MID ou .KAR de quelques Ko. Vous pouvez renommer le .MID en .KAR et inversement, cela ne changera absolument rien à sa lecture. Il s’agit en effet d’une simple convention de nom, afin de distinguer les fichiers MIDI sans paroles synchronisées (.MID), de ceux avec paroles (.KAR) Lorsque vous double-cliquez sur ce fichier, un lecteur s’ouvre par défaut, selon vos paramétrages et les logiciels musicaux préalablement installés.
Sur PC, il y a de fortes chances que le Windows Media Player prenne en charge votre séquence MIDI. Si ce n’est pas le cas, ou s’il affiche un message d’erreur, nous vous invitons à télécharger et à installer le lecteur MIDI gratuit « VanBasco », sur le site www.vanbasco.com Vous pourrez ainsi voir chacune des pistes qui composent le morceau et éventuellement les paroles synchronisées avec la ligne mélodique (généralement sur la piste 4 que vous pouvez « muter » à loisir »). La séquence ne saura audible qu’à une seule condition : le bon paramétrage de votre équipement. Par défaut, il s’agit de votre carte son, et plus précisément du synthétiseur qui y est embarqué.
Vérifiez donc bien sa présence et son activation dans le panneau de configuration de Windows dans « Son et périphériques audio / Audio / Lecture MIDI ». Vous y verrez apparaître un intitulé « table d’ondes » ou « synthé ». Sous Macintosh, le lecteur par défaut est Quicktime mais ce logiciel se le limite qu’à une lecture, sans possibilité d’agir sur les pistes ni l’affichage des paroles. Nous vous suggérons le logiciel « QMIDI », mieux adapté, accessible gratuitement après un délai d’activation, et malheureusement payant dans sa version complète et sans avertissement. Bien entendu, un MIDI est « lisible » sur de nombreux autres périphériques musicaux ! Et la première nécessité (si vous souhaitez vous équiper) est de vérifier la présence d’une prise MIDI et/ou d’une prise USB afin de pouvoir le brancher à votre ordinateur.
Plus loin avec un fichier MIDI
Le premier reproche que l’on fait à une séquence MIDI (lorsque l’on découvre ce format bien particulier) est sa qualité audio. En effet, une séquence jouée avec les logiciels pré-cités ressemblent à des sonneries de téléphones. Ceci est tout à fait normal ! Vous disposez en réalité d’une partition informatique et non une musique mixée en studio.
S’il est impossible de séparer les instruments d’un fichier MP3, l’avantage d’un fichier MIDI réside dans la capacité d’édition : vous faites en effet ce que vous voulez, pourvu que vous y passiez un peu de temps, et les résultats peuvent largement dépasser vos espérances et répondent aux questions les plus courantes :
- Enlever la batterie ou n’importe quel instrument pour pouvoir jouer en même temps
- Changer la tonalité afin de chanter avec ma tessiture de voix
- Rallonger l’intro du morceau
- Imprimer la mélodie
- Récupérer le solo de guitare
- Utiliser la basse du synthé pour composer un nouveau morceau
- Faire un medley
- Produire un dvd de karaoké
- Déclencher des lumières en rythme
- etc.
